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Jusqu’aux années 90, chaque décennie avait inventé une nouvelle mode. A dater du nouveau millénaire, on a pu constater une «répétition de la mode». Y a-t-il tout de même eu des surprises innovantes? Nous avons posé la question à l’expert en style Clifford Lilley.
Depuis le nouveau millénaire, il n’y a plus vraiment eu de mode encore inédite. On a plutôt assisté à une rétro-tendance. La seule nouveauté a été le blanc, symbole de nouveau départ. Auparavant, chaque décennie donnait vie à un renouveau complet de la mode. Mais en l’an 2000, on en est venus à réintégrer ou, dans le meilleur des cas, à réinterpréter l’ancien. On se disait: «Oh mon Dieu, tout est fini». Beaucoup ont ressenti une forme de nostalgie. Tout à coup, les habits de seconde main ont été très recherchés.
Pas réellement. Cela était dû au changement d’attitude. On ne se focalisait plus sur l’effet provoqué par la tenue ou le nom de la marque, mais sur autre chose: la provenance, la matière, la nature équitable, la durabilité. Nos valeurs ont évolué avec le changement climatique.
Le thème de la nostalgie est toujours présent à notre époque, d’ailleurs. Même si la mode des années 80 a longtemps été mal vue, certaines pièces ont entretemps acquis un véritable statut de culte. Différents éléments sont à nouveau en vogue. Les motifs léopard et les couleurs fluo connaissent une nouvelle vie et sont devenus iconiques. Et, comme vous l’avez dit, les nouvelles interprétations, comme par exemple les cuissardes ou les variantes d’espadrilles, sont complètement incontournables aujourd’hui.
Les deux. Pourquoi faudrait-il que l’un soit mieux que l’autre? Trouver son style et lui être fidèle est la solution la plus sûre. C’est peut-être faire preuve de manque de courage ou d’esprit d’aventure. Mais on peut se suffire des classiques: ils fonctionnent toujours. Avec, possiblement, une «mise à jour» de temps à autre, comme par ex. un blazer à la coupe différente et nouvelle.
Ceux qui désirent se réinventer sans cesse ont besoin de beaucoup d’énergie et d’argent. La recherche constante de nouveauté et la volonté de toujours se présenter sous un nouveau jour sont souvent associées à de la superficialité. Je crois que c’est plutôt une caractéristique de la jeunesse. Lorsqu’on est jeune, on se cherche, c’est naturel. On teste et on se teste. La mode nous séduit, ne nous laisse pas le choix. Il faut adopter ce qui nous est proposé dans les grands magasins, tel est plus ou moins notre sort.
Je suis plutôt de type classique, mais pas conservateur. J’ai mon style propre. J’aime voir ce que la mode nous apporte. Parfois, je suis enthousiasmé. Je me dis «Ouah!». D’autres fois, je me demande comment on peut qualifier de mode certaines choses affreuses. Mais les jeunes, eux, se disent peut-être: «Eh, ma mère n’avait rien de tout ça. C’est nouveau, c’est cool, f* you!» (il rit).